Bonjour mes petits kaïju ! Aujourd’hui on papote de Kong, Skull Island. Quand j’ai vu la bande-annonce, j’ai ri. Je me suis dit « encore un remake, fais iech ». Puis j’ai vu que c’était plus un film de Kaïju, de monstres géants. J’y suis allée en changeant de mentalité. Ai-je bien fait ?

Randa (John Goodman) veut absolument aller sur cette île inconnue du monde, une île qui est entourée d’un orage perpétuel et d’une foule de légendes. Il réunit alors des militaires, des scientifiques, un tracker et une reporter. Que vont-ils découvrir sur cette île ? Kong pardi, sinon il n’y aurait pas ce titre.

Eh bien, quelle surprise ! Je m’attendais à un film écervelé, avec une histoire bateau et une résolution attendue. Il n’y a que la résolution qui fut attendue. Le film pose ses bases sur plein de choses cool.

C’est une critique du militarisme mais aussi sur l’instinct de protection. On se bat pour protéger son territoire, ses idées, son clan ou son pays. Kong se basera sur ces principes de protection. On s’en rend compte assez vite, voire même tout de suite que le gorille géant ne fait que rétablir l’ordre sur son île. Enfin, j’espère que c’est obvious à la première scène.

Les humains commencent par détruire en arrivant sur l’île. Ils n’ont aucune considération pour ce qui est là avant eux. Ils se sentent rois sur une terre qu’ils découvrent à peine. L’un des personnages portera en lui cette volonté de faire plier autrui jusqu’au bout. Sous couvert de vouloir « venger » ses amis, il va vouloir détruire ce qui semble un peu au-dessus de lui. On n’est pas loin de la tour de Babel. Certains changeront radicalement de point de vue, bien sûr. Est-ce parce qu’ils ont une puissance de feu qu’ils veulent l’utiliser à tout bout de champ ?

Sur Twitter, j’avais vu passer un tweet « [TW] Arachnophobie » (traduction : trigger warning pour ceux qui sont arachnophobes) mais on peut aussi ajouter « attention, beaucoup d’animaux vont mourir POUR RIEN ». C’est affreux. Ce film cumule les morts d’animaux qui n’ont rien demandé. Les bombes larguées, les hélicos qui tombent, les mecs qui tabassent tout ce qui passe sans réfléchir plus de deux minutes. Bref, ça m’a fait mal. Même pour l’araignée parce qu’elle ne méritait pas ça. Et ceux qui veulent prendre la défense des hommes, pensez à tous les animaux qu’on écrase en marchant dans l’herbe et pourtant ils viennent pas nous couper les jambes pour se venger.

Ce film en plus d’avoir une morale un peu plus poussée que dans d’autres films de sa catégorie, nous offre des plans et des couleurs travaillés ! Le film est très travaillé sur les couleurs. Il y a pas mal de très beaux plans sur le soleil, un soleil saturé. Les décors, que ce soit chez les aborigènes ou dans le cratère, sont très visuels et intéressants. Dans le cratère, les teintes sont plutôt blanches pour permettre de comprendre l’action, et le jet des gaz permet un plan très stylisé avec Tom Hiddleson en bon gros badass des familles. Pour rester dans la catégorie « design du film », j’aime beaucoup le design des créatures.

Les acteurs sont sympathiques, rien de transcendant à part Samuel L. Jackson et John C. Reilly, qui sont les personnages les plus intéressants. Je regrette vraiment qu’on nous mette des racisé-es pour jamais en parler, leur donner une romance random sans âme et sans intérêt. Et bien sûr, mettre les deux « héros » blancs ensembles, merci mais non, arrêtons ces clichés !

Le film commence directement par nous donner le ton pour la suite, un ton étonnant : ce film est drôle. Ce film ne se prend pas au sérieux. Certaines répliques sont des petits pics à d’autres films du genre, parfois même, le film se moque et prend à revers les clichés du genre. Il y a même quelques belles trouvailles de logique, pour une fois ; mais certaines autres scènes sont wtf. Qui emportent mille civils pour une mission clairement suicidaire ? Passons.

Bref, un bon film, bien divertissant comme il faut. Un film qui utilise un passé intéressant, des personnages sans plus pour la majeure partie du crew mais qui est visuellement très beau. Les créatures sont même inspirées de Miyazaki, que demander de plus ? Un film plutôt inattendu.

Portez-vous bien !