Non, je ne suis pas béate comme ça

Twitter est un réseau social bien moins personnel (je trouve) que Facebook. Tu viens, tu suis, on te suit et tu postes des petits bouts de toi. Certains l’utilisent pour raconter leur vie en direct, le Live Tweet. Donc on peut avoir du

j’ai faim; je suis dans le tromé, c’est chanmé; je regarde mes ongles de pieds… »

Ça reste donc relativement publique comme infos mais c’est raconter sa vie !

Pourquoi je ne le fais pas ? (enfin j’essaye)

  1. Il faudrait que j’ai une vie trépidante. Parce que c’est bien beau de raconter sa vie, il faut aussi qu’elle intéresse. C’est pas donné à tout le monde.
  2. Il faudrait garder un peu de dignité. Et pour ça, être soit drôle, soit intelligent dans ses propos. Twitter c’est un peu le lieu où on te juge sur 140 caractères.
  3. Ma vie professionnelle peut me rattraper, et faut pas trop marquer n’importe quoi

On en vient donc à :

Les échanges humains sont-ils de plus en plus bridés ?

Pourquoi j’ai pas le droit (enfin si j’ai le droit mais il ne vaut mieux pas le prendre) de dire ce que je pense tout le temps, tout ce que je veux ? On peut le faire, mais entre amis, avec des gens que l’on connait. Dans les sphères publiques, le jugement est accru et un peu facile. Qui ne sait jamais moqué de quelqu’un parce qu’il écoute quelque chose que l’on conspue ? Et on va se fier à ça pour juger la personne. Dans la vraie vie, c’est quand plus dur et plus long pour obtenir ces informations.

Je suis ce que je veux bien te dire

D’ailleurs, il n’y a pas que le jugement qui se met en route. On emmagasine tous les petits détails de la vie des autres. On apprend à les connaitre grâce à ça. Mais est-ce que c’est vraiment les connaitre ? Au final, on ne sait d’eux que ce qu’ils veulent bien nous dire. Et inversement. Chacune de mes interventions est calculée, réfléchie et pesée. Il n’y a plus rien de spontanée dans mes pensées virtuelles.

Je trouve ça dommage, moi qui suit très « nature ». J’aime dire ce que je pense quand je le pense. Mais je suis aussi sensible à la critique et au jugement. Peut-être un peu trop. Le regard de l’autre continue d’être important, malgré mes efforts pour m’en défaire. Twitter c’est bien, ça va vite, on apprend pleins de choses mais c’est aussi très calculé, réglementé. La liberté reste encore dans la vraie vie.