Boujours les lucioles ! Aujourd’hui, parlons guerre froide et espions. Cela faisait un bail que je n’avais pas vu à l’écran Tom Hanks, je n’ai pas vu Capitaine Phillips. Bref, c’est parti.

En pleine guerre froide, un présumé espion russe Rudolf Abel (Mark Rylance) est arrêté aux US. Pour faire bonne figure, et montrer au monde que les états-unis sont une grande nation qui respecte l’homme, un avocat très prestigieux est appelé pour le défendre. James Donovan (Tom Hanks) se retrouve donc à plaider pour l’ennemi. Ce qui, bien sur, ne plait pas beaucoup à ses concitoyens, qui le croit passer chez l’ennemi alors qu’il fait juste son travail. L’affaire se corse lorsqu’un jeune pilote américain est attrapé en Russie. James Donovan est envoyé en RDA pour faire un échange entre les deux pays.

le-pont-des-espionsC’est un bon film, c’est un Spielberg. Disons qu’à 80%, c’est un bon film. Il est encore un peu manichéen à mon goût, tentant de faire un parallèle honnête entre les US et la RDA, on se retrouve à voir les gentils américains et les méchants soviets. C’est un peu cliché sur ce point. Je ne dis pas, et j’en sais rien, que la misère et les meurtres des civils n’existaient pas en RDA à cette époque mais montré comme ça, c’est trop. Surtout que le point premier, et bien mis en avant, c’est de montrer la grandeur et la miséricorde de l’amérique vis-à-vis d’un traître. Mais soit.

Par contre, ce qui est bien fait, et très intéressant, est l’amitié qui naît entre Donovan et Abel. Au départ réticent de devoir plaider pour l’ennemi, Donovan apprend à connaitre son client et son client apprend à connaitre son avocat. Ils ont peu d’échange mais ceux-là définit parfaitement ce que deux hommes peuvent ressentir lorsque les idéologies tombent et qu’il ne reste que deux âmes face à face. Jusqu’au bout du film, cette amitié va peser et rendre les deux personnages attachants.

D’ailleurs le seul personnage russe qui soit traités « correctement » est Abel. Il est sympathique alors qu’il ne dit presque rien, ne fait presque rien. Il a même une phrase répétitive assez drôle à chaque fois. Donovan, devant son stoïcisme alors qu’il pourrait écoper de la chaise électrique, lui demande « Vous n’avez pas peur ? » et Abel, se tournant d’un bloc :

« Pourquoi ? Ça aiderait ? »

Alors que gros défauts, les autres personnages sont peu habités. J’ai eu assez peu d’émotions pour la famille de Donovan qui prend un peu cher vu que « le père de famille sert l’ennemi ». Pour compenser, il y a beaucoup de situations drôles et parodiques des traités entre pays. La mauvaise volonté ou la manipulation des uns et des autres est bien mise en avant et tournée en ridicule. Point aussi sympathique est que certains passages en allemand ne sont pas traduis (enfin !). Ça renforce, tout comment pour le personnage, le sentiment de perdition en pays étranger et pas forcement accueillant.

La musique est assez douce pour un tel thème, des notes rappellent les chants russes mais tout en finesse. C’est agréable. C’est presque une musique de films d’enquête je trouve. Les images sont léchées, un peu trop parfois, avec une saturation de la lumière, parfois trop artificielle, comme si on était dans un rêve. La fumée est beaucoup beaucoup utilisée, alors qu’il n’y a qu’à la fin qu’elle se justifie.

En gros, je reproche au film d’être un peu trop partisan et de ne montrer qu’un seul visage aux deux pays mais c’est contre-balancé par des moments drôles, une belle photo et une histoire qui tient.

Portez-vous bien !