Bonjour à toi, être de la terre. Aujourd’hui, intéressons-nous à un film belge. J’aime vraiment beaucoup le cinéma belge, beaucoup plus que le français. Pourtant il lui manque pas toujours grand chose pour faire aussi bien que wallon et flamand.

Dieu habite Bruxelles et s’ennuie. Il a alors créé l’humanité pour passer ses nerfs. Il a aussi une fille, Éa et une femme qui vivent avec lui dans un appartement. Éa commence à en avoir marre de son père et de son comportement vis à vis de nous. Elle décide alors de fuguer pour trouver 6 apôtres et créer le Tout Nouveau Testament mais avant elle va pirater l’ordinateur de son père pour envoyer les dates de décès à tous les Humains.
Le tout Nouveau testament de Jaco van Dormael

Le tout Nouveau testament de Jaco van Dormael

Wow wow wow ! J’étais partie voir un film drôle et je me retrouve devant un film sensible, humaniste et extrêmement poétique. Il y a beaucoup de sujets sérieux et traités comme tels dans ce film. Même si la base du film est comique voire absurde, tout est géré parfaitement.

Que feriez-vous si vous connaissiez votre date de décès ?

La première question autour de laquelle tourne le film. Chacun réagit différemment. J’ai particulièrement aimé l’histoire de Jean-Jacques, qui va tout plaqué pour suivre un oiseau. La question de notre asservissement au travail, qu’on paye de notre vie notre confort est mise sur le tapis. Chaque apôtre apporte une vision de l’humain. Dans sa gloire ou dans sa partie sombre. Il y a le personnage de l’obsédé ou celui de l’assassin mais toujours traité avec affection et sans jugement.

Le genre est aussi mis à l’honneur avec Willy qui a décidé de devenir une femme à dix ans et clin d’œil à la fin avec un couple mais je n’en dis pas plus. Avec quelle légèreté, le travestissement et le transgenre sont montrés, est très reposant. Sans contrainte, sans jugement, sans morale, sans culpabilité.

Tous les acteurs sont formidables de justesse et d’honnêteté. J’ai adoré Victor (Marco Lorenzini), la femme de Dieu (Yolande Moreau) qui avance au fur et à mesure du film doucement mais sûrement vers son dénouement ou encore Willy. Poelvoorde joue du Poelvoorde donc c’est le moins notifiable même s’il reste très bon. Éa (Pili Groyne) porte le film par sa présence. La petite fille semble être cette jeune fille divine descendue pour apprendre à connaître l’humain.

Il y a aussi beaucoup de poésie dans des décors bruts et vieillots. Les rêves sont justes comme il faut en absurde et en magie. Des miniatures sont utilisées pour représenter le monde des enfants. Chaque personnage nous parle directement pour nous conter une histoire parmi tant d’autres. Et le running-gag de Kévin est très drôle. Une bonne BO aussi avec beaucoup de musique classique mais pas que. D’ailleurs, que chacun est une « petite musique » est magiquement tendre.

Bref, un film très beaucoup recommandé !

Portez-vous bien !