Je suis assez fan de Jake Gillenhaal depuis Prisoners de Denis Villeneuve et quand j’ai vu la bande-annonce de Nigh Call (Nightcrawler en VO) de Dan Gilroy, j’ai tout de suite su qu’il allait m’épater autant que dans son film antérieur. Et ça n’a pas loupé.

Louis bloom (Jake) est un voleur paumé qui tente de trouver un métier qui puisse lui rapporter et faire de lui quelqu’un de respectable. Il passe un soir devant un accident de voiture où deux personnes sont en train de filmer la scène. Il découvre alors le métier de pigiste de faits divers. Il va alors tenter de percer dans ce nouveau monde mais il a des techniques hors-norme pour parvenir à monter les échelons.

Night call de Dan Gilroy
Âme sensible s’abstenir. Pas à cause de la violence qui reste « légère » mais à cause de la puissance du jeu d’acteur et du personnage de Bloom. Comme le laisse présager la bande-annonce, ce type est assez malsain et psychotique. Jake Gyllenhaal l’interprète parfaitement. Je le soupsonne d’avoir perdu beaucoup de poid pour ajouter la maigreur à son personnage. Maigreur qui choque, car associée à la faiblesse, alors que c’est un prédateur de première ! L’ami avec qui j’y suis allé avait du mal à regarder l’écran parfois. On sent dans les tripes qu’on aimerait pas avoir affaire à lui. C’est un manipulateur hors paire. Si haut que les gens dans la salle ont mis un temps avant de rire jaune devant certaines scènes qui semblent terriblement absurdes et violentes (toujours dûes au caractère du personnage). Le film tient à la fois là-dessus mais pas que !

C’est aussi un fait de société, qu’heureusement nous n’avons pas (encore) ici : présenter des cadavres à 6h du matin pour faire de l’audimat. Je ne sais pas si le réalisateur a voulu en faire une critique mais moi je l’ai vu comme ça. Montrer de telle image utilise le spectateur, en rajouter pour faire vendre (ça, les journalistes le font ici aussi mais pas sur des cadavres du coin de votre rue). Cela pousse à toujours en montrer plus quitte à enfreindre la loi et le bon sens pour l’audimat. Jusqu’où certaines personnes sont prêtes à aller pour gagner de l’argent et grandir professionnellement ?

Le tout est souligné par des images et des prises de vues léchés. J’ai adoré les couleurs du film. Je n’ai pas vu Los Angeles comme ça mais ça donne envie. On se rapproche de Drive pour ça. Je ne me souviens de la musique qu’à la toute fin, une petit musique joyeuse qui casse totalement avec ce qu’on voit.

Ce film montre très bien la folie de certains aspects du monde actuel et la folie des hommes qui suivent ce monde. C’est assez juste et troublant. La salle et moi-même avons ri plus par dépit et par absurdité que parce que c’était réellement drôle. On sort ravie de la salle car nous n’avons pas à connaitre ce mec. Et c’est tant mieux.

Je recommande ce film tout de même pour la performance. D’ici là, portez-vous bien !