Bonjour mes petits rêves ! Aujourd’hui, on parle d’un film qui n’est resté qu’une semaine dans les salles alors que f***** XXX : Reactived est encore là et c’est pas juste, on parle donc de Quelques minutes après minuit.

Conor est un jeune garçon qui dessine et rêve souvent. Sa mère est gravement malade, atteinte du cancer. Brusquement, une nuit, vers 00h07, l’if qui trône sur une colline près de chez eux prend vie et vient le voir. L’if, ou le monstre, vient pour lui raconter trois histoires et à la troisième, Conor devra raconter son cauchemar. Ses histoires vont lui permettre de surmonter le présent et le futur à venir.

Quelques minutes après minuitCE FILM EST GÉNIAL ! Je ne comprends pas qu’on ne l’ai pas laissé plus longtemps en salle et que personne n’en ait jamais entendu parler ! Ça me rend dingue. C’est la première fois que je vois un film parler avec autant de sincérité de la mort, des sombres pensées que l’on peut avoir et aussi de la colère que l’on peut avoir envers la vie. Sous ses airs de fable, ce film est un excellent conte. Chacun peut s’y identifier et c’est assez dur à vivre, je ne le cache pas.

La mort est souvent l’occasion de se surpasser en tant que vivant, en tout cas, c’est ce que la plupart des films veulent nous montrer. Mais aucun ne montre aussi bien que celui-ci ce qui peut se passer avant la mort, les pensées qu’on ne devrait pas avoir, ces pensées égoïstes, ces pensées humaines. Ce film en mettant en scène un monstre, l’if, guérisseur, conteur, maître et guide, nous plonge dans un imaginaire qui mêne à la vérité et surtout à la réalité humaine. De plus, le monstre n’est ni gentil ni méchant, il incarne parfaitement les deux côtés. Tantôt agressif et poussif, tantôt bienveillant et calme.

Les contes sont magnifiquement mis en scène, les deux premiers en tout cas. Ils sont, au premier abord, sibyllins mais par la suite explique parfaitement la condition humaine, notre non-manichéisme, nos côtés pile et nos côtés face. Ce film parle aussi de la colère. La colère est aussi mise à nue dans sa plus simple force : être en colère contre la vie c’est courant. Même si cela est compréhensible vis-à-vis de ce que traverse Conor, je trouve que les réactions des adultes est étrange mais cela sera peut-être mon seul reproche.

Ce film, je le répète, est assez dur à voir (sauf si la perte d’un proche ne vous touche pas). Il va au cœur de notre peur la plus grande : la mort de l’autre. Va-t-on y survivre ? Comment attendre ? Et ensuite ? Malgré des facilités de mise en scène (cliché de la pluie entre autre), l’histoire et les dialogues sont vraiment intéressants. Je m’attendais pas à ce film, ni à ce qu’il allait me dire. Cela m’a touché en plein cœur. Certaines phrases sont très fortes.

Les acteurs sont assez bien choisis même si à part le monstre et Conor, ils ne sont pas très consistants. Le monstre est doublé par Liam Neeson et c’est plutôt chouette car sa voix est parfaite. Conor, vu précédemment dans Pan, joue pas si mal, on peut sentir sa colère et sa souffrance, ses doutes et sa tristesse. La grand-mère et le père sont les personnages le moins consistants. La mère est un peu plus présente mais c’est léger, sa maladie l’a contraignant à rester invisible la plupart du film.

La musique est plutôt légère. Les contes sont vraiment beaux, surtout pour la fluidité des transitions. L’arbre est un peu surprenant au début mais on finit par s’habituer à son design.

Bref, un film vraiment intéressant et puissant qui n’aurait pas dû être si peu exploité. A voir, si vous en avez le cœur.

Portez-vous bien !