Bonjour mes petites vitres teintées ! Aujourd’hui, on va voir Sale temps à l’hôtel El Royale, un titre beaucoup trop long et un peu cheap mais, j’espère, voulu. La bande-annonce montrait peu de choses, une ambiance et ce fut suffisant pour me sortir de mon apathie à aller au cinéma.

Darlene Sweet (Cynthia Erivo) est une chanteuse qui parcourt le pays. Elle s’arrête à l’hôtel royal pour aller chanter à Reno le lendemain. Il y a aussi le prêtre Flynn (Jeff Bridges) et le vendeur d’aspirateur sexiste Sullivan (Jon Hamm) mais aussi Emily (Dakota Johnson). Bizarrement, cet hôtel attire les ennuis et les gens louches. Ce séjour qui aurait dû comme les autres va devenir une très longue et sanglante nuit.

Sale temps à l'hôtel El Royale de Drew Goddard

Je ne pensais pas que ce film montrerait et dénoncerait tant de choses. Je m’attendais à une sorte de cluedo mais c’est parti plus en mélange de timeline et d’histoires pour se rejoindre autour de Billy Lee (Chris Hemsworth).

En premier, le film se base sur la religion. Il y place un faux prêtre et un gourou. On y croise aussi un fervent catholique qui cherche la rédemption. On y parle aussi de beaucoup de courants religieux qui sont actifs aux US.

Le film brosse la religion à l’envers du poil mais pas des croyant·es. C’est assez alambiqué mais c’est l’impression que m’a faite ce film. Il cherche à se détacher de la religion mais accepte que celle-ci soit présente dans la vie de certain-es.

En deuxième, le film nous parle de chant. Et je pense que je vais lier le chant au concept du bon et du mal. Car on y parle aussi de manichéisme. au départ, on sent qui sont les bons et les méchants et puis ça se renverse et surtout ça se nuance. La chanteur qui a refusé de se plier à son manager va accepter de prendre l’argent ; la kidnappeuse n’est pas forcément la méchante et même celui que l’on nomme « le mal absolu » n’est pas si méchant que ça.

J’ai beaucoup aimé d’ailleurs que ce méchant ait plusieurs failles et qu’il soit vulnérable. C’est Darlene, bien loin de la femme forte, qui va lui tenir tête et savoir le décrypter si profondément qu’elle arrive à créer un mouvement de flottement dans l’armure du bad guy. Drôle car je lis un livre sur la place du méchant dans les séries. Tout est lié !

Darlene ajoute aussi une bataille peu vu au cinéma : celle des femmes noires et de leur apparence. Elle porte une perruque comme bon nombre de femmes noires et la retire à un moment. C’est un moment fort du film pour celleux qui s’intéresse à la lutte afro-féministe. C’est aussi l’héroïne, malgré elle, mais elle trouve la force en elle ! Bref, un chouette personnage qui fait du bien à voir !

Le film critique ouvertement le mandat Nixon et la guerre du Vietnam. C’est distillé au fur et à mesure et l’on comprend à la fin la critique finale. Même si elle est teintée, je trouve, par le plaisir que prend l’un des personnages alors qu’il n’est pas décrit ainsi pendant 2h. On y parle aussi de la surveillance guidée par Hoover.

Bref, ce film est plutôt engagé. Il est plutôt beau, les décors sont cools et reflètent ces années-là. Il y a aussi un choix de musique intradiégétique, ou non, intéressant. J’ai trouvé ce film prenant et bien écrit. Les auteur·trices sont très bons dans leurs rôles respectifs.

Je vous le conseille si le genre vous parle !

Portez-vous bien !