Bonjour cher-es ami-es ! Oui je fais ma puritaine en mettant le titre en anglais mais il est tellement plus juste que « prémonitions ». Solace veut dire, comme indiqué dans les premières secondes du film, « réconforter quelqu’un d’une douleur, d’une tristesse ». Et c’est bien tout l’enjeu du film.

John Clancy (Anthony Hopkins) est appelé à la rescousse par Joe Merriwether (Jeffrey Dean Morgan) pour reprendre du service et aider le FBI à retrouver un serial killer. Mais John n’est pas policier, ni psychologue. C’est un medium. Il peut voir les choses du passé ou du futur. Le problème qui vient rapidement se poser est que le tueur semble lui aussi doté de ce genre de don. Comment attraper quelqu’un qui a une longueur d’avance et semble être maître du destin ?
Solace d'Afonso Poyart

Solace d’Afonso Poyart

Bim badaboum ce cher Anthony Hopkins nous livre là un personnage presque aussi dérangeant que le célèbre Hannibal Leckter. Et tout aussi mignon à la fois. Le papy d’Hollywood en a encore à revendre. Son personnage de medium est complexe, il exacerbe bien la difficulté d’avoir ce don et le passé (tragique) du personnage hante quelque peu son jeu. D’ailleurs le talent de John est à la fois la force et la faiblesse du film : faut-il dire absolument ce que l’on voit chez l’autre ?

Son lien avec le tueur est un peu trop « poussé » pour être vraisemblable. La fin est un peu précipitée et je n’ai pas compris la disparition d’un des personnages tant c’est aller vite et que c’était mal expliqué ou je ne sais pas. Mais les aspects de connexion aux gens ou aux objets sont parfois plausibles, connaissant quelqu’un qui le fait naturellement, je peux retrouver ce dont elle nous parle dans le film et ce que, parfois, je peux faire. Voir des choses à travers un objet est possible et ça peut être troublant.

D’ailleurs c’est aussi le second point un peu vu et revu : la ou le septique quand interviennent des choses qui sortent de la science. Ok, merci, on a compris qu’il faut forcement une opposé au gens du paranormal (qui est un mauvais terme je trouve) dans les films pour se dédouaner. « Non mais on y croit pas vraiment vous savez, c’est pour l’histoire qu’on a mis un médium mais bon, les choses invisibles on y croit pas« .

Depuis que je fais ma formation, c’est un truc que j’ai appris : ne pas avoir honte de croire à ce que l’on ne peut pas voir, si tu n’y crois pas, no soucy, mais laisse ceux qui peuvent expérimenter tranquille, un jour peut-être. Mais c’est pas être les septiques qui me dérangent, je peux l’être parfois. C’est juste qu’ils changent d’avis souvent en trois minutes.

« Je ne crois pas au paranormal. C’est des conneries » dit l’un des personnage.
Trois scènes plus loin.
« Dîtes-moi ce que vous voyez ? » dit le même personnage.

T’es septique parce que tu crois à la science, tu es donc cartésien, pourquoi changer d’avis si vite ? Dommage. Ça manquait de défi entre les deux personnages. Le méchant est un peu limite. Comme le film entier ressemble à Seven, le petit truc aurait été de ne pas dire qui était le méchant tout de suite. Ça perdait tout son charme et sa première apparition n’a presque aucun intérêt. Comme les autres personnage, un peu fades ou clichés. Et le personnage de Joe, le flic qui vient chercher le medium, qui est son ami, m’a presque énervé. Peut-être son côté loup-ravie qui ne sied pas du tout au cadre.

J’ai aimé les images, des plans léchés et intrigants parfois. J’ai aimé les symbolismes utilisés, classiques pour ce genre de film mais qui pose des questions : les miroirs, les couleurs. Un peu trop de religion à mon goût qui n’aurait pas dû être là, je vois même pas à quoi ça correspond. Ils se prennent pour dieu ? Ils sont dieu ? J’ai beaucoup beaucoup aimé la musique mais je la trouve nul part ! De très beaux chants lyriques qui touchent presque plus que les images.

Bref, un bon polar avec un sacré Anthony Hopkins, cette fois-ci du bon côté des barreaux et de la morale. Un film qui aurait pu être meilleur mais qui nous emporte quand même. À voir.

Portez-vous bien !