Bonjour mes petits soleils ! Aujourd’hui, nouveau film de Naomi Kawase, Vers la lumière. J’ai vu beaucoup de ses films (Still the Water, Les Délices de Tokyo), les premiers sont plus difficiles à voir que les derniers. Mais quels thèmes va t-elle aborder cette fois-ci ?

Misako Osaki est une jeune femme qui s’occupe de rédiger l’audiodescription des films. Ce texte sera lu pour les personnes malvoyantes et les aveugles. Elle y rencontre Masaya Nakamori, ancien photographe de renom qui perd peu à peu la vue.

Vers la lumière de Naomi KawaseCe film est intéressant pour plusieurs aspects. Premièrement, on y découvre le monde du handicap visuel et les choses mises en œuvres pour simplifier la vie. L’audiodescription ou les sous-titres pour les sourds ou malentendants sont des outils cruciaux pour elleux. Cela leur permet d’avoir accès comme mes autres aux œuvres vidéo-ludiques. Mais surtout ce qu’on appelle handicap n’est juste qu’une autre façon de sentir le monde.

La pauvre Misako va le découvrir. Alors qu’elle tente d’y mettre sa volonté, elle tombe souvent à côté de ce que ces personnes vivent réellement. Pendant tout le film, elle tente de reproduire ou de comprendre physiquement les reproches qu’iels lui font pendant les sessions d’enregistrement (moment où elle leur lit son texte et qu’iels commentent pour que l’audiodescription soit parfaite).

Le film parle aussi de ce que l’on doit accepter de lâcher. Ce thème revient à la fois pour l’héroïne, Nakamori mais aussi pour le personnage du film qu’elle décrit. Ce film est aussi une mise en abîme de l’œil du réalisateur·trice ou du photographe, métier premier de Nakamori. Tous les thèmes s’emmêlent à la fois pour les personnages mais aussi pour nous.

La symbolique de la lumière est aussi très présente à la fois grâce aux nombreux couchers de soleil mais aussi par son absence avec la cécité. Le coucher de soleil est aussi l’acceptation que le soleil disparaît chaque jour. On ne peut le retenir ou courir après. Tout ceci est vain.

Mais le film reste sur une note d’espoir que je vous laisserais découvrir.

Comme toujours, le film est vraiment très beau. Ici, Noami Kawaze se concentre sur les visages et les regards en gros plan. Elle tente de capter les regards, de celleux qui voient et de celleux qui voient autrement. Elle cherche la lumière dans les paysages mais aussi dans la ville.

Les acteur-trices sont vraiment justes et profonds aussi. J’aime beaucoup le duo Misako, d’apparence fragile, et Nakamori, froid et dur mais qui arrive à communiquer et à rire. Le personnage toujours discret aux cheveux blancs (je n’ai pas pu retrouver son nom ni l’acteur) est l’un de mes favoris.

Bref, un très bon film, recommandé à celleux qui aiment le cinéma japonais contemplatif et profond.

Portez-vous bien !