Quand on lit une trilogie pendant quatre mois et que l’on arrive (enfin) à la dernière page, on est à la fois méga trop content (rien que ça !) et un peu triste de devoir laisser partir ces personnages qui ont grandi devant nous. C’est un peu le talent d’Haruki Murakami. On peut ne pas aimer et ça se conçoit très bien. Raconter la vie à la manière japonaise est toujours fastidieux et pas facile à aborder pour les occidentaux que nous sommes. C’est vrai qu’au milieu du deuxième tome j’ai commencé à sauter des passages mais après je me suis ressaisi. Parce que tout le charme de ce livre réside dans cette particularité.

Le détail. Tout est décrit, jusqu’à la moindre petite éraflure sur un morceau de carrelage. La manière aussi de ressasser toujours les mêmes choses. Ce roman est relativement dur pour les non-initiés, lire et relire des choses ennuyeuses. Mais c’est la vie qui y est décrite. Sur fond de fantastique, ce n’est que les vies de deux personnages qui sont pris un peu malgré eux dans un monde qui n’est pas le leur. Qui ne ressasse pas sur des points qui lui semblent importants mais dont tout le monde se fout ? Genre mes genoux. Enfin plutôt la taille des seins de l’héroïne, Aomamé. Dans ce livre, on sent comme la vie est routinière et pourtant si riche en nouveauté.

L’histoire est simple mais l’intrigue se déroule vraiment sur les trois tomes. L’élément perturbateur intervient différemment et à différent moment pour chacun des personnages. Comme pour nous. Chacun a son rythme. Je n’arrive même pas à vous faire une sorte de résumé les histoires tant elles sont complexes et imbriquées entre elles. Nous suivons deux personnages principaux : Tengo et Aomamé. Les deux sont liés d’une manière tout à fait charmante (je suis une romantique alors leur histoire m’a touché, voire même a failli me faire lâcher une petite larmichette à la fin). On découvre aussi des personnages gravitants autour des deux autres, des personnages puissants, ils ne sont pas là pour faire de la figuration: Tamaru (mon préféré, un gay et professionnel pour tout ce qu’il fait, un peu comme Aomamé d’ailleurs), Fukaéri (l’initiatrice), le Professeur, l’éditeur ou encore la vieille dame.

Tout ça forme un monde qui devient notre si l’on prend la peine de s’intéresser à leur petite vie. Sans que l’on s’en rende compte, nous sommes pris avec les deux héros dans un monde parallèle, 1Q84. Il a des moments de suspense, des moments d’ennuis profonds, des moments tendres.

Mettez un tigre dans votre moteur et n’oubliez pas de prendre le train pour sortir de la Ville des Chats.