Ah ! Le Japon, ce pays de raffinement, de grâce et de poésie mais aussi d’idées perverses. Un pays à la fois d’une beauté incomparable et d’une violence terrible. Le pays et la culture que j’affectionne tout particulièrement. C’est donc avec beaucoup d’amour que je suis allée voir Le conte de la princesse Kaguya réalisé par Isao Takahata.

Un jour, un homme, travaillant dans une bambouseraie, trouve dans le tronc d’un bambou une jeune princesse. Acec sa femme, ils vont l’élever comme leur fille et faire d’elle une vraie princesse de la cour, pensant répondre aux attentes des dieux, qui leur auraient confié. Le problème est que Take no ko (Pousse de bambou, son surnom) aime rire et courir, être une princesse la rend malheureuse.

Par où commencer quand tout est enchanté ? Le dessin est à la fois ancestral, des animations à la plume, à l’encre et à la peinture à eau et moderne car le réalisateur a utilisé l’ordinateur pour lier le tout. Le résultat est fabuleux, plus expressif en si peu de trait relève de la prouesse. Certains personnages sont à peine esquissé alors que d’autres très travaillé, comme dirait l’amie avec qui je suis allée « cela permet de mettre une certaine subjectivité ». C’est très juste ! On ne voit pas toujours tous les détails et certaines personnes ressortent plus à notre regard que d’autres. Viens ensuite le mouvement extrêmement bien traduis. Les mouvements de caméra joue beaucoup. Lorsqu’elle coure de colère, la caméra la suit de loin et visant le sol, comme si ses sentiments l’écrasaient.

Le conte de la princesse Kaguya par Isao Takahata

La musique est là aussi traditionnelle, s’autorisant parfois des petites notes contemporaine pour montrer que la Princesse ne se borne pas seulement à suivre les codes mais sans les transgresser par beauté. Le doublage est sympa et pur comme le dessin.

J’ai adoré les passages caricaturaux ou drôles que peut donner le dessin. L’une des servantes de la princesse est toujours dessinée avec des babines de chat ce qui tranche radicalement avec les autres personnages dessinés sans modification. Il y a aussi les duperies des princes qui veulent épouser la belle qui sont autant de critiques de la noblesse qu’il peut y avoir d’idiot.

Un conte poétique et magique comme on en voit rarement, porté par une animation audacieuse et traditionnelle. On dit que Takahata va devenir le prochain Miyazaki. Je ne suis pas d’accord avec ça. Ils font des choses très différentes et c’est tant mieux ! Un film a allé voir pour se régaler les yeux et le coeur !