Aujourd’hui je vais vous parler d’un film assez peu mis en valeur. Tellement peu que j’y suis allée vraiment par hasard. J’aime bien les russes aussi peut-être.

Robert Fisher, dit Bobby (Tobey Macguire), naît avec le don des échecs. À 14 ans, il devient champion des US. Son but à lui s’est de battre les russes, qui occupent les premières places du podium mondial. Surtout Boris Spassky (Liev Schreiber) . Ça tombe bien puisque c’est la guerre froide, un avocat très patriote y voit le moyen de battre la Russie au moins sur un pan. Mais Bobby est instable, paranoïaque et orgueilleux. Sa folie va-t-elle le laisser rencontrer son rival de toujours et le battre ?
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Le prodige d’Edward Zwick

J’aime bien les films qui racontent des gens au parcours peu commun. J’aime bien les films qui mettent en lumière des sports ou des activités méconnus. J’ai joué petite au échec mais pour m’amuser. Là, entendre le jargon, les voir noter les mouvements et parler en terme guerrier d’un jeu m’a plongé un instant dans cet univers particulier.

Un peu comme nos Mondiaux de LOL ou de Starcraft, les échecs ont suscité un engouement inattendu pendant cette épisode (la guerre froide pour ceux qui n’auraient pas suivi dans le fond). Deux nations l’une contre l’autre par le biais de cerveaux. Les échecs sont souvent considérés, comme les jeux-vidéo, comme un jeu pour geek/intello. Le film montre parfaitement que ce n’est pas le cas. Le héros nous explique à un moment donné que les échecs ne sont que mémorisation et théorie, donc probablement à la portée de tous.

Tobey Macguire a l’art pour trouver des films où il incarne un sorte de loser (gentil). Dans ce film, c’est un génie au air de loser tant il fait sa diva et est pathétique lorsqu’il s’enfuit des tournois car les caméras font trop de bruit. Il n’est pas aidé avec sa pathologie (paranoïaque et psychose) mais tout de même. Mais il le joue bien. J’ai adoré son comparse russe, Spassky, qui se révèle fair play et honnête. C’est presque le moment que j’ai préféré du film, le moment où on se focalise sur le russe plutôt que sur Bobby, comme une sorte de respiration dans cette tension paranoïaque. Ce sont des gens de passions.

La musique est très présente et harmonise parfaitement l’ambiance et les enjeux de chaque scène. La musique du 3e match est particulièrement… percutante. Les mouvements et les flous accentuent la paranoïa de Bobby. Les floues sont particulièrement longs et prennent du temps à se mettre au point. Les zooms extrêmes nous forcent à entrer dans l’esprit torturé de Bobby.

Les personnages autour sont attachants. Le prêtre (Peter Sarsgaard) surtout. On a du temps pour les connaître tous un par un même les deux collègues de Spassky qui ne sont que des assistants. On se prête facilement au jeu de tension pendant les quelques rencontres filmées.

Un point obscur : pourquoi faire semblant d’un espion au tout début du film puis l’oublier ? Seulement pour faire les transitions ? Pour corroborer les dires de Bobby quand il croit être constamment espionné ? Je ne sais pas trop mais c’est troublant et pas forcément utile.

Voilà donc un bon film pour ceux qui aiment les films historiques et psychologiques.

Portez-vous bien !