Bonjour mes petits canaris ! Aujourd’hui, on part au Japon suivre un procès pour meurtre avec The Third Murder de Hirokazu Kore-eda. J’avoue que je ne m’attendais pas à voir un film qui pousse aussi loin les questions de vérité, mensonge mais aussi qui sont les juges dans la société. Bref, c’est parti.

Misumi est un homme qui reconnaît avoir tué son patron. Shigemori est un avocat qui s’occupe de son cas. Après avoir mené son enquête pour choisir un angle d’attaque pour sa défense, il va se rendre compte que la vérité n’est pas aussi simple.

The Third Murder de Hirokazu Kore-edaJ’aime beaucoup les films qui lient le héros et antagoniste, au point que l’on ne sache plus qui a moralement raison. Ici, qui peut juger l’autre ? Le tueur était le seul juge de la valeur d’une vie ? Les juges, avocats et autres personnes qui servent la justice ne joue t-elle pas aussi avec les vies ? Oui, car la peine de mort est toujours en vigueur au Japon. Le Japon n’est pas parfait, même si je l’aime de tout mon cœur, comme tout pays, il a ses côtés sombres.

De plus, Misumi n’arrête pas de changer de version. Personne ne peut suivre la vérité ni même démêler le vrai du faux. Même les autres personnages qui gravitent autour ne sont pas plus fiables au bout d’un moment. La mère qui veut protéger son entreprise, la fille qui entretient une relation amicale avec Misumi avant le meurtre.

Qui croire ? Qu’est-ce qui est vrai ? C’est renforcé par la scène de la fille de l’avocat qui prouve que faire semblant est très facile. L’instinct est-il le seul que l’on peut suivre ? Shigemori se fiche de la vérité au départ, se retrouve à la chercher absolument. Quitte à vouloir que sa version soit la bonne.

C’est un film lent et contemplatif. Pas d’effusion, très japonais dans l’âme. Si bien, que les personnages parlent souvent de la nature pour leur métaphore. L’oiseau, symbole de liberté, est privilégié. Mais aussi le poisson, plutôt prisonnier qu’en à lui. Ainsi si vous n’êtes pas très enclin à ce genre de film, je ne le conseille pas. Il faut être assez patient-e pour l’apprécier. Il est très long.

La photographie est souvent très belle. L’intro est étonnement poétique alors qu’elle montre un meurtre.

Bref, un film que je recommande si vous aimez les films lents et qui pose des questions.

Portez-vous bien !