Bonjour mes petites boulettes de riz ! Aujourd’hui, on repart au japon pour [Senses] 1 et 2 de Ryusuke Hamaguchi. En France, le film est distribué en 3 films mais c’est, à la base, un unique film de 5h17 traitant suivant la trame des cinq sens. Le réalisateur n’est pas à son coup d’essai pour faire un film aussi long, son précédent, Intemacie dure plus de 4h. Hajimemashô (je ne sais pas si ça se dit) !

Jun (Rira Kawamura), Sakurako (Hazuki Kikuchi), Fumi (Maiko Mihara) et Akari (Sachie Tanaka) sont 4 amies qui se voient régulièrement pour pique-niquer ou faire des ateliers ensemble. Elles ont l’air proches, elles vivent ensemble leur histoire de cœur et de couple, chacune incarnant soir une facette du couple soit une étape.

Senses de Ryusuke HamaguchCes films sont comme une épopée dans le Japon moderne, une saga humaine à suivre car elle prend le temps d’écouter ses 4 femmes. Il dirait presque un livre de Murakami mit en images avec ces longs moments à suivre un instant mais longuement décrit. Comme si dans le détail, on pouvait en apprendre plus sur l’humanité. Ce que je crois aussi.

Alors, pour celleux qui aiment l’action, passez clairement votre chemin. Ici on suit des dialogues qui peuvent durer 15-20 minutes sur des thèmes précis. Comme dans la vraie vie, on suit ces 4 femmes. On écoute ce qu’elles ont a dire, au rythme d’une vraie conversation. C’est donc très lent et très long.

Deuxième chose, si vous n’êtes pas habitué-e à la mentalité et aux habitués des japonais-es, cela peut décontenancer. Iels sont tous très poli-es, s’excusent souvent de « déranger » et réfléchissent avant de s’exprimer. De plus, le rire n’est pas le même que chez nous. Iels ne rient pas toujours lorsqu’ils sont contents mais aussi parce qu’iels sont en colère ou triste.

Par contre, l’universalité des relations homme-femme et du couple est très bien retranscrit. Il y a quelques moments d’épiphanies mais je ne pense pas que par réalisateur pose un regard positif sur le couple au Japon. Ce film m’a rendu un peu triste. J’aimerais avoir de l’espoir dans le couple, y croire encore un peu, mais c’est vrai que cela ne se passe toujours bien. Surtout qu’au Japon, les femmes ont encore une place de femme au foyer très ancrée. Il faut qu’elle ait un enfant avant la trentaine sinon elles sont mal vus.

Le personnage d’Akari incarne cette femme qui a un travail malgré son âge, divorcée et qui ne veut pas être en couple amoureux. Elle est un peu rebelle. C’est d’ailleurs la plus sanguine. Sakurako porte la femme au foyer et présente à son fils et mari. Mais ces sorties et ce que vivent ses amies lui ouvrent peut-être d’autres voies. Fumi est pour le moment la plus dure à cerner. Et Jun est celle qui enfin reprend sa vie en main. Ce qui est drôle est que les actrices ne sont pas du tout des professionnelles. Et je trouve, que cela ne se ressent pas du tout, voire c’est même l’inverse !

Bref, c’est un film plus qu’intimiste, on suit chaque moment de ses femmes pour mieux se retrouver dans chacune d’elle. Un film centré sur l’humain et son ressenti, au plus près des sens de chacune. La suite en salle le 9 et le 16 mai !

Portez-vous bien !