Bonjour mes petites puces ! Aujourd’hui, courons vers Isle of Dogs (l’île aux chiens), le nouveau métrage de stop motion de Wes Anderson. Si vous en avez marre de son style, je pense que vous pouvez passer votre chemin. Il fait de Wes puissance 10 Anderson. Mais comme j’aime, j’ai été servie.

Japon alternatif (je crois), dans 10 ans, les chiens ne sont pas bien vus. En plus, ils ont attrapé une grippe. Pour enrayer l’épidémie, le maire de Mégasaki, M. Kobayashi (Kunichi Nomura) propose d’envoyer tous les chiens sur une île de déchets. Le premier chien à être envoyé est Spots (Liev Schreiber). Sauf que Spots a un maître (Koyu Rankin) qui va tout faire le récupérer.

Isle of Dogs de Wes AndersonPremière chose qui marque est la musique. Alexandre Desplat (encore)(le mec est partout) a composé une musique très percussive, évidemment à sonorité japonaise mais moderne et hyper entraînante. Comme Anderson aime le rythme et les mouvements secs, cela colle parfaitement aux images. Visiblement, il n’est pas le seul sur la BO, il a fait appel notamment à Kaoru Watanabe, le Toho Symphony Orchestra et d’autres artistes japonais.

Deuxième chose qui frappe, depuis Fantastic Mr.Fox, est l’amélioration de la technique et la beauté des plans. Il y a des plans absolument magnifiques. Notamment les bouteilles de saké et les chiens en clair-obscur. Mais aussi la typo et le graphisme autour du film. Et cette brillante idée d’avoir fait des animations plus traditionnelles pour différencier l’histoire des plans de télévision. C’est d’ailleurs une équipe dirigée par un Français de 25 ans, Gwenn Germain, qui en a eu la charge. Et il a confirmé que c’était rare que des animateurs 2D soit en lien avec une équipe de Stop Motion. Bref, il a encore plus soigné son style et ses plans.

Troisième chose qui m’a choqué, est que le propos est hyper triste. On rit mais parfois je n’ai pas ri avec la salle, et cela est rare. J’étais triste pour ces chiens, triste de leur sort et triste des choix des humains. Alors que dans Mr. Fox, les humains étaient des cons et que l’on ri d’eux, les animaux vivaient « normalement ». Alors que là, la souffrance est infligée de force. À penser aux Nazi et au régime japonais (dont l’unité 731, à voir l’excellente vidéo d’Horror Humanun Est sur le sujet), il n’y a qu’un pas.

Quatrième chose qui m’a laissé perplexe est le traitement fait du Japon. Je suis très attachée à la culture japonaise, dans un sens de profond respect, même si je ne nie pas les horreurs qu’a pu faire ce peuple. Comme nous avec les colonies, ne l’oublions pas. Et il y a des moments où il n’y avait rien de drôle et pourtant les gens ont ri. La première phrase du maire a fait rire à cause de son emphase et des didascalies précédentes, je pense. Et ça m’a gêné. Parce que je pense que le public pensait que le réalisateur se moquait des Japonais et de leur emphase lorsqu’ils discourent. C’est parfois un cliché que les gens ont sur le japon. Ils ne parlent pas en s’énervant de manière régulière. La langue japonaise est une très belle langue. Il y a aussi eu une petite moquerie vis-à-vis des haïkus mais bon (petite vidéo de l’Arche sur les haïkus au passage, c’est l’article pub pour les chaînes cool !).

Je me demande d’ailleurs ce que pense les japonais de ce film. Pour en revenir au point 3, si on remplace les chiens par des humains cela devient hyper violent. De plus, que ce soit une Américaines qui viennent dire aux japonais que le traitement des chiens est inhumain m’a déranger aussi. Encore une blanche qui vient donner des leçons à un pays qui n’est pas le sien. C’est peut-être maladroit et pas voulu, mais bon, je vais rappeler que les Américains ont bien niqué les native americans, donc en leçon, faut qu’il aille regarder leur nombril d’abord. Heureusement, il n’y a qu’elle qui ne soit pas japonais·e donc je pense que c’est une maladresse car le réalisateur voulait rendre hommage à plusieurs réalisateur japonais et à la culture nippone. C’est pour ça que je suis restée perplexe entre malaise et reconnaissance d’avoir choisi le japon comme lieu d’aventure.

Derrière les voix, il y a un sacré casting même si je ne trouve pas que ça soit un point fort. Cela aurait pu être aussi bien sans tous ces voix connues. Après Wes Anderson fait appel à ses chouchous et il a bien raison : Edward Norton, Bryan Cranston, Frances McDormand ou encore Bill Murray et Tilda Swinton, qui interprète mon chien préféré : Oracle (trop mimi et rigolote en ayant très peu d’apparitions). Et fait amusant est que Yoko-Ono joue le rôle de Yoko-Ono, une scientifique !

Bref, cela reste un bon film mais personnellement, je l’ai trouvé plus ambigu à juger que Fantastic Mr. Fox. Je vous le conseille bien sûr si vous aimez ce cinéma !

Portez-vous bien !