Bonjour mes petites bulles d’oxygène ! Aujourd’hui, on va pas loin avec un film français de genre (youhouuu) et avec des têtes d’affiches (youhouuu), Dans la brume de Daniel Roby. Au casting, Romain Duris et Olga Kurylenko. J’y suis allée sans trop savoir de quoi ça parlait à part…

Paris, dans un futur proche. Mathieu (Romain Duris) rentre d’un voyage au Canada. Il est à la recherche d’un moyen de sortir sa fille (Fantine Harduin) de la bulle qui la protège. Elle est atteinte d’une maladie qui l’empêche de respirer l’air que nous respirons (c’est ce que j’ai cru comprendre). Au moment de leurs retrouvailles, Paris est frappée par un séisme et une brume s’échappe du métro. Cette brume tue. Mathieu s’en sort in extremis mais maintenant la petite famille va devoir trouver un moyen de survivre.

Ce film me laisse un goût étrange. Il est à la fois très cool, très en retard et très bateau. Je ne peux m’empêcher de louer l’initiative de faire ce genre de cinéma en France. Cela permet de voir les différences culturelles entre les US et nous. Mais il n’apporte pas grand chose, si ce n’est que de placer son intrigue à Paris. Donc quand tu sors de la salle, ça te fait relativiser la chance de pouvoir marcher tranquillos dans les rues.

Pour un film catastrophe, il est calme, à la hauteur des protagonistes. Il suit la veine de La nuit à dévoré le monde. Pour un film post-apo (le début de l’apocalypse), il montre les potentiels enjeux mais de trop loin. Ils montrent des émeutes au loin et j’aurais aimé voir ce même film mais pas dans un huit clos. Là, on ne suit que trois-cinqs personnes et c’est tout. C’est un parti-pris.

Le film est aussi très tourné vers l’optimisme de son personnage principal ce qui donne des tirades parfois un peu mielleuse et naïve. Mais il a l’honnêteté de reconnaître son caractère dans une réplique. Par contre, le personnage de la fille est à la limite de l’agacement. je n’ai pas réussi à ressentir la peur mais comme une sorte de volonté de contrôle, ou qu’on lui doit quelque chose. Alors qu’elle voit bien que ses parents sont en danger, elle peut laisser un peu de temps pour qu’iels retrouvent leurs esprits.

Les personnages sont aussi très étonnamment écrits. On ne sait rien d’elleux. On sait à peine si Anna (Olga Kurylenko) et Mathieu sont ensembles, divorcés, autre, rayez la mention inutile. Je suis la première à trouver que ce n’est pas obligé d’avoir la bio d’un personnage mais là, cela donne un goût d’étrangeté. J’ai eu du mal à m’identifier ou avoir de la peine. Sauf pour un des discours de la maman, ça, c’était cool même si mielleux. Après ce sont des personnages archétypaux classiques : le père sauveur, la mère protectrice (même si elle en a dans la culotte), les vieux/vieilles sont inexistants sauf pour apporter leur sagesse face à la mort.

Les personnages sont aussi très égoïstes. Quand je parlais de ce père dans Mary qui est un vrai altruiste et que c’est très étonnant de voir ça (alors que ça devrait pas vu que lae héro·ïne est censé être altruiste), cela met bien en contraste ces deux personnages qui abandonnent complètement un enfant dans la même situation que leur fille. J’ai trouvé ça limite. Même si ça sert l’histoire, mouai mouai.

D’ailleurs pour l’histoire, j’ai deviné la fin tout de suite. Le problème quand on s’intéresse à l’écriture de scénario ou que l’on voit beaucoup de films, bah on devine les auteurs. Surtout que la formule a été usée depuis longtemps. Rien que La fille qui avait tous les dons l’utilise. Mais de manière plus vibrante, je trouve.

Ce film est en demi-teinte pour moi. Ce n’est pas un mauvais film mais ce n’est pas transcendant non plus. Je salue l’initiative et j’espère qu’iels font continuer dans cette voie. À voir pour soutenir le cinéma de genre français, pour que d’autres acteur·trices connu·es portent les projets !

Portez-vous bien !