Bonjour mes petites calanques de Marseille ! Aujourd’hui, direction Marseille pour Shéhérazade, un film français sur des jeunes en difficulté. On peut donc présumer que ça va pas être jouasse, effectivement, ça ne l’est pas !

Zachary (Dylan Robert) sort de prison pour, probablement, vente de drogue et il cherche à avoir de l’argent car il n’a pas de qualification et son ancien chef ne veut plus de lui. Il rencontre alors Shéhérazade (Kenza Fortas). Shéhérazade est une jeune prostituée qui vit avec une amie transgenre. Cela va permettre à Zack de grandir et de s’ouvrir.

Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin

C’est donc un film assez brutal car il traite d’un monde que nous sommes habitué·es à voir au travers de reportage, souvent racoleur, à la télé. Mais ce qu’on oublie est que ce sont des humain·es qui vivent ces vies-là et que la plupart veulent juste survivre.

Shéhérazade ne fait pas ça de gaïté de cœur. Si elle se prostitue, c’est parce qu’elle sait faire et que ça rapporte. Cela lui permet de louer une chambre miteuse et de manger. Son amie, transgenre, a sûrement dû aussi en arriver là à cause du rejet de la société sur qui elle est et vendre son corps lui permet de survivre.

C’est un film très humaniste en fin de compte. Zack est un jeune homme habitué à devoir être fier, colérique, avec une vision de la vie très segmentée. Il considère les prostituées comme des objets car on ne lui a pas appris à voir qu’il y a une femme derrière. Il est forgé uniquement des croyances et des valeurs que la société dans laquelle il a évolué lui dicte.

L’écriture est fine car s’il est transphobe au départ, c’est pas pur instinct et habitude de frapper sur ce qu’il ne connaît pas. L’évolution de son personnage n’est pas mièvre car, même s’il accepte de lui dire « sœur », ça ne vient pas du jour au lendemain. On sent les changements que l’entourage de Shéhérazade fait sur lui.

Après, ce n’est pas un film gai et je me suis demandée à pleins de moments « pourquoi je le regardais ». Mais parfois, il faut sortir de sa zone de confort pour aller à la rencontre d’autres mondes.

Surtout que c’est très bien filmé. J’ai trouvé les plans très beaux, l’éclairage est très important. La ville est filmée, la nuit, avec beaucoup de poésie dû aux éclairages qui sont allongés comme dans un filtre. On sait que le réalisateur a aimé filmé au moins son acteur principal.

Bref, je vous le conseille même si ce n’est pas drôle !

Portez-vous bien !