Bonjour mes petites bêtes sauvages ! Aujourd’hui Nocturnal Animals, avec un Jake Gyllenhaal de l’autre côté du malaise. Dans Nightcall, il incarnait le malaise pur de la charogne se repaissant des cadavres encore chauds, ici c’est lui la bête traquée.

Susan (Amy Adams) est une galeriste à succès mais sa vie part à la dérive. Elle n’aime pas son boulot, son couple se délite. Un jour, elle reçoit l’épreuve de son ex-mari, Edward (Jake Gyllenhaal), de son nouveau roman. Elle va vivre ce récit plus profondément qu’une simple histoire sur du papier.

Nocturnal AnimalsIl y a une double voire triple histoire dans ce film et les passages entre sont extrêmement bien liés. Même si on sait que chacune des histoires ne se déroulent pas au même moment, beaucoup se calquent les unes sur les autres comme si la vie n’était qu’un cycle qui se répète à des niveaux différents. Un lien profond et mystérieux tient Susan et Edward.

Le roman d’Edward va nous conter son aventure et celle de sa famille lors d’une nuit. Une histoire qui n’est pas anodine, une histoire intime, macabre. On sait parfaitement où les événements du départ vont mener. Le film ne s’en cache pas, il vous pousse juste à bout. La scène dure, dure en longueur, elle est coupée, on sait qu’on ne va pas aimer la fin comme tous les personnages mais on y revient, lentement, sûrement jusqu’au dénouement qui n’est que le début. Le destin semble inévitable et pourtant chacun veut croire qu’il peut y changer quelque chose.

La mort, représente en chef de ce destin par lequel on se dirige tous, est présentée à bien des égards : rupture, maladie, tragédie, art. Le film nous dit exactement où il va, les symboles sont énormes et visibles. Rien n’est caché, comme la destinée.

Le rouge, couleur par excellence, de la sauvagerie, donc des animaux, s’oppose en permanence au bleu sombre de la nuit où vit Susan. Le rouge s’oppose au bleu en permanence jusqu’à la fin où le vert de la guérison tente sa apparition.

Comme son titre le laissant présager, beaucoup de scènes sont dans le noir, la nuit est un personnage. Ce n’est pas la nuit qui est néfaste, puisqu’elle permet de se cacher, mais bien ceux qui l’habitent. Noctural Animals est le titre du livre dédié à Susan par son ex car il la surnommait ainsi à cause de ses insomnies. L’insomnie est souvent le reflet des problèmes du nuit qui empiètent sur le temps de la nuit.

Les acteurs sont tous excellents. Les méchants autant que les « gentils ». On retrouve un Michael Shannon complètement halluciné et fou dans un certain sens. Jake, contrairement à d’ordinaire, est presque le plus sain de tous ces animaux nocturnes. Amy Adams est parfaite en prédateur qui s’ignore, en femme dépassée par sa et la vie.

Ce film est un exutoire à toutes les bizarrerie que l’on peut trouver la nuit, à ces bêtes sous forme humaine. Mais cachée aussi dans l’art. Les vrais animaux du film subissent l’humain (art ou architecture). L’homme est un loup pour l’homme ?

Bref, pour ceux qui ont l’âme accrochée, go ! Un film qui tient en haleine. Longtemps.

Portez-vous bien !